lundi 30 décembre 2013

Le Mal Incarné
















Si tu ne veux pas que cet horreur vienne 
hanter tes nuits, vote pour moi.





 Bruit du jour: The Black Keys - RZA / The Baddest Man Alive

jeudi 26 décembre 2013

Aujourd'hui,








Aujourd'hui, j'ai décidé de ne pas mettre une image de moi.
Aujourd'hui, j'ai préféré ne pas vous brûler les yeux d'un gribouilli bâclé.
Aujourd'hui, l'humain est monstrueux de l'intérieur.
Aujourd'hui, ses organes dévoilent la véritable pourriture de son âme.
Aujourd'hui, il sourit d'être enfin conscient de sa misérable situation.
Aujourd'hui, ce dessin a été fait par la belle Jeanne, amour à moi.
Aujourd'hui, tu vas voter pour moi.





Bruit du jour: Drenge / Let's Pretend

dimanche 22 décembre 2013

Lueur blanchâtre



Un voile sort des ténèbres
 La forêt s'efface.
Présage funèbre.
     



Après un poème/haïku aussi naze,
tu n'as d'autre choix que de voter pour moi !



vendredi 20 décembre 2013

Une Monstrueuse Révélation ...







"Blorg bleeaaauuurg 
blaaarg blorblorbloooorg 
bleaaauueuaarrrrh !!!"


Oui, vous ne rêvez pas, ce qu'a dit ce gentil
et accueillant monsieur au-dessus de vos yeux est
incroyable mais vrai !

Je fais à nouveau partie des 
sélectionnés pour les Révélations Blog
Cette année, le thème c'est Le Monstre !
Trop bien, non ? 

Du coup, si vous voulez éviter que je 
répande la misère et la famine dans votre logis, 
en psalmodiant des incantations diaboliques (j'y passerais
mes nuits s'il le faut), je vous "conseille" de voter pour moi jour 
après jour, dès qu'un appareil à virtualité intégrée vous tombe
dans les mains, en cliquant sur la flamme 
en dessous de vous.

J'ai besoin de votre aide pour conquérir le monde !
(et publier un livre accessoirement)




Bruit du jour: Tame Impala / Elephant

lundi 2 décembre 2013

Le Temps Fossile






Le sol est rêche. 
Vous relevez tous la tête, doucement. La peau de votre visage 
est parsemée d'une fine couche de sable gris. Certains d'entre vous toussent. 

Vous observez le lieu, l'analysez même. Chaque élément du décor est 
méticuleusement transpercé par votre regard, chaque gravât devient une partie 
de votre conscience. Vous êtes attentif au moindre détail. Votre âme s'est étendue, 
elle part désormais de votre crâne pour s'étendre à l'espace qui vous 
entoure, sans différenciation.

C'est alors que l'Être apparaît.

Vous vous concentrez d'autant plus. Il est important que personne ici ne rate 
une bribe de ce qui va se dérouler dans les prochaines secondes. Votre 
attention n'a jamais été aussi présente, aussi précise. Le mouvement s'enclenche.

L'Être s'abaisse et rampe sur le sol. Ses mains crissent et raclent 
la surface calcaire, déplaçant ainsi les particules minérales qui jonchent 
le lieu. Il replace ensuite ses longs doigts calleux au même endroit et 
recommence la manœuvre, encore et encore.


La surface du terrain change lentement, l’Être la modélise à son grès. 
Il creuse le plan rocheux, sur lequel vous vous trouvez, dans un but précis, 
déterminé il y a de cela très longtemps. Mais vous n’êtes pas capables 
d’en concevoir les aboutissants. Vous n’êtes que spectateurs 
de cette danse étrange.

Maintenant, l’être se lève. Son rôle semble être achevé et le phénomène 
est mis en place. Vous canalisez votre regard sur la faille venant d’être 
évidée, sans toutefois parvenir à en saisir l’essence. 
Elle vous appelle. Mais vous êtes immobiles.

Soudain, vous ressentez tous une vive douleur à l’arrière du crâne et, 
aussi intensément qu’elle est apparue, elle s’assourdit, tout redevient calme.

Mais rien n’est comme avant car il est désormais temps. Ou plutôt, il n’est plus temps. 
L’écoulement eternel des âges vient de s’arrêter.

Vos sens se sont gelés, votre conscience s’est immobilisée. Le règne du vivant 
n’a plus lieu d’être car le vivant n’existe plus. Tout est désormais rocheux, 
minéral, inorganique. L’eau est devenue cristal, le bois charbon.

Le monde entier n’est plus que fossile.

Excepté l’Être, qui danse pour toujours.




Bruit du jour: Jack White / Wayfaring Stranger

vendredi 15 novembre 2013

Me and the Devil was walking side by side


 






Ces cinq pages vont faire partie du prochain numéro du fanzine 
Monster Maloke, édité par Tarmasz, autour du thème: Vaudou ! 
Je suis super content parce que dans ce numéro, il y aura plein de 
gens trop bien qui font des trucs trop bien. Ça fait rêver.

Ah sinon, pour ceux qui se demandent, les cases en gris sont
en fait recouvertes d'une couche de poudre de graphite.

Je vous tiendrais au courant quand le fanzine sera disponible !



Bruit du jour: Jimi Hendrix Experience / Voodoo Child

samedi 9 novembre 2013

Le souffle d'un vent nouveau


Mes très chers amis.

Je vous écris aujourd'hui pour vous annoncer un 
évènement que vous avez sans doute déjà dû remarquer. 
Un vent d'automne a soufflé sur ce lieu, les couleurs se
sont fanées, le gris a tout enseveli.

Oui, j'ai changé le design du blog !

J'en ai profité pour rajouter des liens vers quatre autres endroits 
virtuels dans lesquels j'opère ou vais désormais opérer:

J'ai maintenant un portfolio qui réunit et classe tout ce que j'ai de
présentable dans mon bordel d'images. Grâce à lui, je vais pouvoir 
partir un jour à la chasse aux éditions ou boulots d'illustration !

J'ai aussi créé une page facebook du blog pour conquérir le
monde et vous suivre jusque dans vos rêves.

J'avais déjà un tumblr mais il était pas tellement en service. 
C'est maintenant chose faite. J'y colporte plein de belles
images de montagnes.

J'ai enfin un compte instagram sur lequel je mets des photos
un peu nazes de paysages pseudo-mystiques (sachant que j'emploie, 
comme beaucoup de monde à l'époque dans laquelle nous vivons,
le mot "mystique" pour caractériser tout et n'importe quoi, à tel point
qu'il ne veut plus rien dire). Trop souag !

Avec tout ça, vous allez avoir du Polinko à toutes les sauces.
C'est chic !


(Ah au fait, la bannière est inspirée 
de cette superbe toile d'Ed Ruscha)


Bruit du jour: Bob Dylan / Blowing In The Wind

mardi 29 octobre 2013

Les frères Poussière



 






"Les frères Poussière étaient nés tous deux des braises d'une 
terrible bataille. Ils avaient ainsi grandi, seuls, au sein des 
débris de cette ancienne guerre. Personne ne put les élever 
sinon les corps inertes qui jonchaient cette plaine 
désertique et désolée. 
La mort était leur père, la ruine était leur mère.

Malgré tout, leur vie se mit en marche; les jours s'écoulèrent 
lentement l'un après l'autre, sans que rien ne trouble leur existence 
maussade. Cela leur convenait parfaitement; ils n'avaient de toute 
façon besoin de rien d'autre que leur lien de sang et ce désert délavé 
comme lieu de repos.

Mais un jour, une tempête vint briser cette quiétude morne. 
Elle avait un nom: l'Homme.

Une armée de pillards aux mille visage, assoiffée et affamée tomba à la 
rencontre des frères Poussière.
Abasourdis par ce violent trouble dans leur quotidien immuable, 
les jeunes enfants ne surent que faire sinon rester cois face à cette 
foule insensée qui avançait vers eux. Les brigands sans morale 
s'emparèrent de l'un des deux frères et l'égorgèrent 
d'un coup d'épée rouillée. Ils retinrent l'autre au sol, 
sans qu'il puisse se déplacer. Ensuite, ils enflammèrent 
des bouts de bois secs et firent brûler le corps du jeune 
cadavre devant les yeux de son ancien compagnon de sang, 
immobilisé au sol. L'odeur de chair brulée planait à des lieux autour 
de ce spectacle atroce. Une fois la peau de l'enfant calcinée à un 
juste niveau, ils le dévorèrent et quittèrent le lieu, relâchant l'enfant 
survivant et le laissant seul face au squelette noirci de son défunt jumeau.

Alors, l'enfant se leva, oubliant sa conscience pour suivre un 
instinct sauvage et irrépressible, et jeta les ossements de 
son frère dans le feu encore brûlant. Il resta ensuite longtemps 
debout, contemplant les flammes danser devant ses yeux et réduire 
la petite carcasse en un tas de cendre tiède. Quand le brasier eut achevé 
de répandre sa chaleur, il prit le tas entre ses doigts et l'avala 
entièrement, donnant un nouveau corps au seul être qu'il avait aimé, 
désormais mort.

C'est ainsi que naquit la légende des frères Poussière qui, depuis ce fléau, 
rasent toute terre et vie croisant leur route. 
Deux êtres en une seule entité. 
L'un vivant le jour, l'autre revenant la nuit du monde des morts 
pour incarner le corps. Deux êtres qui, sans jamais se reposer, 
répandent la ruine en ce monde et hurlent
leur vengeance pour l'éternité."




Bonus (rien que pour vous, les amis):
Un petit aperçu d'une prochaine 
bd de quelques pages !







Bruit du jour: Matt Elliott / How to Kill a Rose

mercredi 16 octobre 2013

mardi 8 octobre 2013

Quand le regard devient minéral








Je pense que les frontières entre illustration, art et bd
 n’existent plus vraiment.


J’ai souvent essayé de dissocier les différentes pratiques 
mais je me rends compte que plus j’avance et plus tout ça 
s’entremêle. Et le grand résultat de ce constat, c’est que je 
prends chaque jour de plus en plus de plaisir à dessiner.
Parce que ce qui compte, au final, c’est l’image. Dans quel 
cadre elle intervient, c’est une question secondaire. Et le dessin 
vient servir l’image, pour faire vibrer le regard et la pensée en même 
temps ; pour appuyer une narration directe et invoquer dans un 
deuxième temps une pensée indirecte et symbolique.


*


Non, sérieux les gars, avoir un crayon entre les doigts, c’est vraiment
chouette ; on est bien d’accord ?





Bruit du jour: Flower Travellin' Band / Satori (album complet) 


Ha au fait, c'est mon anniversaire aujourd'hui.
 

samedi 14 septembre 2013

Brazil 14/14. Au terme du voyage.





Aujourd’hui, le voyage arrive à son terme.

L’homme a parcouru toute la mémoire de ce monde, il a marché jour après jour 
entre les pages de cet énigmatique carnet noir. Il a vu et vécu au sein de ces lieux 
des choses qui l’auront transformé à jamais.

Il ne lui est pas possible de saisir la pleine signification de ce à quoi il a assisté 
ces dernières semaines. Certaines images ont donné lieu en lui à des moments de 
joie ou de sérénité qu’il n’avait jamais connu jusqu’à lors. D’autres l’ont profondément 
troublé et angoissé. Pourtant, il le sait, ce voyage fait désormais partie intégrante de lui. 
Plus rien ne pourra être comme avant désormais et, d’ailleurs, il ne le souhaiterait pas.

Mais, à présent, il tient le bloc noir entre ses mains, ouvert à la dernière page, 
il en est conscient. Le périple s’achève avec cette dernière image.

Dans un cadre noir apparait un paysage à l’atmosphère paisible.
Au milieu d’un pré de montagne, parsemé d’arbres ci et là, se dresse une petite 
maisonnée, camouflée dans ce décor naturel. Il règne un sentiment de profonde 
paix en ce lieu, l’homme le ressent.

Il lui reste un choix à faire désormais. Un choix qui va se répercuter dans son 
existence comme un raz-de-marée, modifiant le cours des choses inéluctablement. 
Mais cela n’inquiète pas l’homme. Il sait que cette étape lui est nécessaire 
pour continuer à avancer.

Il n’hésite pas. Il connaît la réponse depuis longtemps, la voie qu’il doit emprunter.

Empoignant le carnet à deux mains, il plonge la tête et saute au centre de l’image. 
Toutes ses pensées le quittent tour à tour, s’envolent hors de son corps, hors de 
son esprit, le laissant pur face à cet ultime saut dans le vide. Car à présent commence 
sa nouvelle vie au sein des images. Et il sait que ces images sont le fruit des songes 
de la jeune endormie, qu’il va pouvoir vivre perpétuellement dans ses rêves et 
vagabonder dans sa conscience. 
Une gorgée d’euphorie fait vibrer le ventre de l’homme.
Sa mémoire s’efface alors complètement. Un vent fort souffle sur ses plus anciens 
souvenirs. Ils s’échappent comme s’ils n’avaient jamais existé.

Ça y’est. Il est prêt à accueillir, l’esprit grand ouvert, sa nouvelle existence.



Le carnet tombe alors au sol et se referme, 
redevenant un bloc de matière noire inerte.


Tout disparait.



vendredi 13 septembre 2013

Brazil 13/14. Foz do Iguaçu





La jeune femme est figée dans son sommeil.
Statue antique, irréelle et sublime.

Un drap recouvre et entoure son corps, créant de multiples pliures, comme autant d
fissures noires sur le blanc du décor. La tête posée sur un oreiller, ses bras reposent 
élégamment hors du linceul. La scène est délicate, superbe.

Le visage de la jeune femme est caché par un masque étrange, amalgame d’ailes 
de papillon et de plumes d’oiseaux inconnus. L’ensemble happe le regard et le perturbe. 
Ce voile hétéroclite crée une percée dans la vision par son écorce aux couleurs vives, à l’inverse 
des contrastes francs de noir et de blanc qui caractérisent le reste de la scène.

La jeune femme rêve.

De nouvelles images se créent. Les pages se tournent, semblent hésiter, flottent 
avec insouciance au rythme de la conscience de la gracieuse endormie. Puis, 
l’engrenage s’arrête. Un choix semble avoir été accompli.




La scène se dévoile lentement, avec hésitation, puis se révèle et se dessine au 
regard et à la compréhension. Le songe se déroule à présent dans ce qui semble 
être une forêt, traversée par un courant d’eau, blanc et vide qui coupe la végétation 
et la page en deux. Des murmures d’oiseaux se font entendre parmi les branches. 
Le lieu est calme et apaisant.

Mais la conscience de la jeune femme ne s’arrête pas là et change déjà de sujet 
de représentation. Pourtant, elle n’avait pas encore achevé la définition de l’ancien 
lieu, seulement esquissé avant de disparaître.

Une plante aux nuances complexes de gris apparaît alors. Elle s’ébauche et se 
précise petit à petit, du haut de l’image jusqu’en bas. Ses feuilles bruissent au rythme 
d’un vent qui ne semble exister qu’en ce morceau de visibilité, tant ce qui entoure
 la plante est vide et indéfini. Elle semble révéler ou contenir quelque chose. Il est 
difficile de savoir quoi. Image inconsciente de la réalité de l’endormie, elle existe 
devant le regard en tant que microcosme de l’âme. Le monde entier se résume 
entre les nervures des feuilles, ces fleuves coulant aux origines de l’univers.




A nouveau, l’image entame sa métamorphose avant d’avoir été pleinement définie. 
C’est un rite étrange. Les lieux semblent se créer au fur et à mesure qu’évoluent 
les pensées de la jeune femme. Ils naissent du néant, jardins vierges et magnifiques 
et se transforment au gré des aléas de l’inconscient.

Une idée se crée alors. Peut-être est-ce cette jeune femme, la conscience de 
l’étrange carnet noir ? Peut-être que le voyage au sein des pages qu’accomplit l’homme 
depuis tant de jours est créé, nuit après nuit au sein même des songes de l’endormie ? 
Elle est l’arbitre sublime qui règne sur ce monde.

Le carnet noir se referme.